Entretien avec madame Joyce Bérubé, Conseillère à Saint-René-de-Matane

 

Voici lentretien que jai réalisé avec madame Joyce Bérubé. Je vous invite à découvrir une femme qui a su apporter un côté humain dans son implication.

 

 

  1. Combien de mandats avez-vous fait comme conseillère municipale ?

C’est mon premier mandat au conseil municipal.

  1. Qu’est-ce qui vous avait incitée à vous présenter en politique municipale ?

Je me disais qu’il ne faut pas attendre que les choses changent. Il faut y aller soi-même si on veut changer quelque chose, bien que ça ne soit pas toujours facile …

  1. Avez-vous été élue par acclamation ou vous avez fait campagne ?

J’ai fait campagne contre un élu qui avait de l’expérience. Ça me stressait ! Il avait fait ses preuves. J’ai envoyé un pamphlet pour me présenter et expliquer comment je voyais mon rôle et je me suis dit : « que le meilleur gagne ! ». J’ai remporté avec 70% des voix, j’étais fière !

  1. Quels objectifs poursuiviez-vous en vous présentant au conseil municipal ?

On était en train de s’endetter et je croyais qu’on pouvait limiter les dépenses, ne pas aller au-dessus de nos moyens. Je voulais qu’on gère le portefeuille de la municipalité comme on gère le nôtre. Je souhaitais aussi un développement du côté de la jeunesse, faire revivre le village pour garder nos familles.

  1. Une fois élue, est-ce que vos attentes se sont réalisées ?

Pas vraiment … Avec les coupures, c’est difficile pour les petites municipalités. On leur demande la même chose qu’aux grandes villes avec beaucoup moins de revenus … Les normes sont très exigeantes : eau potable, égouts ...

  1. Comment avez-vous vécu ce premier mandat ?

Difficile … Après une période sous tutelle, nous étions presqu’entièrement un nouveau conseil et cela a demandé un temps d’adaptation pour tout le monde. Le domaine municipal est très complexe. Un seul mandat ce n’est pas assez pour être à l’aise à 100%. Le premier mandat en est un d’adaptation.

  1. Pensez-vous vous représenter aux élections municipales de 2017 ?

Je ne le sais pas. Dans ma vision des choses, ça prend un deuxième mandat pour se sentir bien dans ses bottines. Après ça, on laisse la place. Alors, un second mandat pour se sentir à l’aise, mais pas plus …

  1. Quelle différence percevez-vous entre le début de votre mandat et maintenant ?

Je comprends plus le pouvoir de chacun : directrice générale, maire, conseiller. Je sais plus qui fait quoi.

  1. Nommez les points positifs qui qualifieraient vos mandats.

Siéger au conseil municipal m’a aidé à comprendre comment les choses se passent, la vie municipale m’intéresse plus aujourd’hui. C’est facile de juger quand on ne comprend pas … Ça a augmenté mes connaissances, ouvert mes horizons. Ça donne une crédibilité un lien avec la population qu’on n’avait pas avant.

  1. Nommez les points difficiles qui qualifieraient vos mandats.

Je trouve difficile les jugements faciles lorsqu’une décision ne fait pas l’unanimité. Cela demande beaucoup de temps, plus que ce que je pensais avec les sous-comités et tout.

  1. Quels moyens avez-vous pris pour résoudre les points difficiles ?

Côté temps, comme je suis à la maison, c’est plus facile pour moi. Côté jugement, il s’agit d’aller chercher de l’information pour la transmettre et expliquer le pourquoi de la chose. C’est l’ignorance qui amène la critique, les informations satisfont et rassurent la population.

  1. Complétez la phrase : «  être une femme en politique municipale … »

… c’est exigeant parce que les projets relèvent plus souvent d’un domaine d’hommes : construction, ouverture de chemins …

  1. Commencez-vous à penser à assurer votre relève ?

Depuis que je suis conseillère, mes enfants s’intéressent plus à la politique municipale. Pour eux, c’est quelqu’un qui peut parler de nous autres. Cela éveille une curiosité chez eux. Il y en aura peut-être un que cela intéressera.

  1. Comment lui présenterez-vous  la chose ?

Au départ, je n’avais pas une bonne opinion de la vie municipale. J’en parle plus positivement maintenant. On apprend et on se sent de plus en plus à l’aise. On travaille ensemble pour monter un projet. On connaît les organismes qui aident les citoyens. Ça ouvre des portes côté connaissance du milieu. Il ne faut pas arriver avec l’idée de changer le monde. On peut juste faire une différence.

  1. Quelles sont vos principales stratégies pour présenter et faire accepter vos idées ?

Lorsqu’on présente quelque chose, il faut être allé chercher de l’information, connaître les coûts et monter un plan. Il faut avoir le soutien de ses pairs, développer une même vision, faire des alliances.

  1. Quel bilan faites-vous actuellement de votre expérience comme conseillère ?

Mon bilan est assez positif. Plus ça va, plus je me sens bien, plus j’ai les outils pour avancer. La directrice générale est l’outil principal. Elle a l’information, c’est le cœur du conseil. Savoir travailler avec la dg est un atout. On est tous différents, il peut y avoir des conflits mais les compétences sont là, à portée de la main.

  1. Quel trait de votre personnalité vous a davantage servi durant vos mandats ?

C’est la franchise. Je suis également entêtée : quand je veux savoir, je pose des questions. Je suis aussi curieuse, cela résout beaucoup de problèmes.

  1. Qu’est-ce que votre rôle vous a permis de développer et qui vous sert maintenant dans votre vie de tous les jours ?

C’est la tolérance, accepter la critique. Je suis plus modérée, capable d’en prendre et d’en laisser. À la table, je suis conseillère, en dehors, je suis une citoyenne comme les autres.

  1. Qu’aimeriez-vous qu’on dise de vous après votre départ ?

Que j’étais à l’écoute et que je donnais de bonnes informations. Quand le téléphone sonne à la maison, il faut s’y intéresser et tâcher de répondre du mieux qu’on peut.

  1. Avez-vous d’autres ambitions concernant votre implication politique ?

Non, pas pour l’instant. Je vois la mairie comme un devoir de représentation et je ne suis pas à l’aise dans ce genre d’événements. Peut-être que la politique provinciale m’intéressera plus tard quand les enfants seront partis de la maison.

  1. Qu’est-ce qui devrait changer pour que davantage de femmes se présentent en politique municipale ?

Pour moi, c’est encore un domaine masculin. Il faudrait que la femme y apporte ses spécificités. Je ne sais pas comment les attirer. Les femmes ont confiance en elles, mais elles portent encore beaucoup les responsabilités familiales. Elles ont moins de temps. Une meilleure répartition des tâches aiderait sans doute.

  1. Qu’est-ce que la Table de concertation des groupes de femmes du BSL pourrait faire pour mieux préparer les candidates à ce qui les attend ? Pour mieux outiller les nouvelles élues ? Pour mieux les soutenir dans leur implication ?

Quand on se présente en politique, on ne connaît pas les outils qui sont à notre disposition. Les premières années, on vit de l’insécurité. Mais en même temps, ça prend du courage pour se rajouter des rencontres parce qu’il y a déjà tellement d’obligations. Alors la Table doit se donner plus de visibilité, faire plus de publicité, démontrer tout ce qu’on peut retirer en participant à ce qui est offert.

Votre message en terminant :

On a besoin de femmes au pouvoir. On a notre place dans cette sphère-là. Il faut y apporter le côté humain. On gère des sous, de la machinerie, mais la population a aussi un besoin élevé d’humanité.

 

Merci madame Bérubé d’avoir bien voulu  partager votre expérience avec nous.

 

Lucie Brault, agente de développement

T.C.G.F.B.S.L.

 

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Entretien avec madame Valérie Nadeau, conseillère à Rivière-Bleue

 


Voici lentretien que jai réalisé avec madame Valérie Nadeau. Je vous invite à découvrir une femme qui a su  prendre sa place.

  1. Combien de mandats avez-vous fait comme conseillère municipale ?

J’en suis à mon premier mandat comme conseillère municipale.

  1. Qu’est-ce qui vous avait incitée à vous présenter en politique municipale ?

Je travaillais comme adjointe-administrative à la municipalité de Saint-Eusèbe. Me présenter aux élections était une bonne façon de m’impliquer dans ma nouvelle paroisse et de voir une autre version du monde municipal.

  1. Avez-vous été élue par acclamation ou vous avez fait campagne ?

J’ai été élue par acclamation. J’ai pris un poste où personne ne s’était encore manifesté. Comme je n’étais pas connue, j’aurais laissé la place si quelqu’un d’autre s’était présenté.

  1. Quels objectifs poursuiviez-vous en vous présentant au conseil municipal ?

Je voulais développer le volet « jeunes » Donner plus de place à ma génération et aux plus jeunes.

  1. Une fois élue, est-ce que vos attentes se sont réalisées ?

Plus ou moins. Il faut être disponible pour faire avancer un dossier et je travaillais, j’étais trop occupée. Comme je n’étais pas tellement connue et que je manquais de temps, j’avais de la misère à faire ma place.

  1. Comment avez-vous vécu ce premier mandat ?

J’ai pris plus d’assurance avec les années. J’aurais aimé avoir plus de place ! J’ai changé d’emploi en cours de route et je suis maintenant plus disponible. Je me laisse porter par la vague,  je vais voir …

  1. Pensez-vous vous représenter aux élections municipales de 2017 ?

Je ne crois pas.  Je vais peut-être prendre une pause.

  1. Qu’est-ce qui vous ferait changer d’idée ?

Que les autres élus me donnent l’impression qu’ils ont besoin de moi, même si je ne dispose pas d’autant de temps qu’une personne retraitée.

  1. Nommez les points positifs qui qualifieraient vos mandats.

C’est une belle expérience et ça va me donner le goût d’y revenir plus tard. J’ai vu un autre côté du travail à la municipalité que je ne voyais pas avant.

  1. Nommez les points difficiles qui qualifieraient vos mandats.

Je me suis intégrée dans une équipe où les élus sont là depuis longtemps. J’ai eu l’impression de ne pas être assez disponible selon les objectifs du conseil. Les réunions sont souvent de jour parce que les moments pour se rencontrer sont fixés à la majorité. Avec plus de temps, j’aurais pu travailler davantage les dossiers qui me tenaient à cœur.

  1. Quels moyens avez-vous pris pour résoudre les points difficiles ?

J’ai discuté avec le maire pour savoir comment il voyait ça.

  1. Complétez la phrase : «  être une femme en politique municipale … »

… c’est un bon moyen de faire sa place dans le milieu. Il faut savoir ce qu’on veut et travailler à atteindre nos objectifs. Ce n’est pas vrai qu’on n’a pas notre place, il faut apprendre à la prendre.

  1. Commencez-vous à penser à assurer votre relève ?

Pas vraiment. J’en ai parlé avec une amie. Je sais qu’il y a d’autres personnes qui sont intéressées.

  1. Comment lui présenteriez-vous  la chose ?

Je dirais qu’il faut savoir ce qu’on vaut et foncer parce que c’est la seule manière de faire sa place. Il y a beaucoup de réunions et ça demande du temps, mais on peut avoir des dossiers qui nous intéressent vraiment.

  1. Quelles sont vos principales stratégies pour présenter et faire accepter vos idées ?

Je rencontre les personnes concernées et je me monte un dossier. Je fais mes devoirs pour pouvoir faire connaître mon point de vue et que le choix soit plus facile à faire.

  1. Quel bilan faites-vous actuellement de votre expérience comme conseillère ?

C’est un bilan positif parce que j’ai pu acquérir de nouvelles expériences et découvrir des gens que je ne connaissais pas. Je me connais davantage et j’ai amélioré certains points.

  1. Quel trait de votre personnalité vous a davantage servi durant vos mandats ?

L’écoute et l’observation. J’observe avant d’agir et je développe mes stratégies après.

  1. Qu’est-ce que votre rôle vous a permis de développer et qui vous sert maintenant dans votre vie de tous les jours ?

Je suis maintenant capable d’affirmer mon opinion haut et fort et de l’assumer.

  1. Qu’aimeriez-vous qu’on dise de vous après votre départ ?

Que pendant mon mandat, j’ai pu apporter ma vision de la trentaine ainsi que la pensée et les préoccupations des personnes de mon âge afin de faire voir ce côté-là un peu plus.

  1. Avez-vous d’autres ambitions concernant votre implication politique ?

Je pense revenir plus tard à ma retraite.

  1. Qu’est-ce qui devrait changer pour que davantage de femmes se présentent en politique municipale ?

Dans notre conseil, nous sommes trois hommes et trois femmes et on peut voir que les femmes ont autant de place et de caractère. C’est plus facile avec une meilleure répartition des tâches à la maison. Il faut en avoir discuté avec notre conjoint et qu’il soit en accord avec notre implication. Les femmes ont encore trop souvent une mentalité de « super-woman », elles ont tendance à prendre plus de dossiers que les hommes et à être perfectionnistes. Ça prendrait plus de rencontres d’échange entre élues pour partager et élargir nos visions.

  1. Qu’est-ce que la Table de concertation des groupes de femmes du BSL pourrait faire pour mieux préparer les candidates à ce qui les attend ? Pour mieux outiller les nouvelles élues ? Pour mieux les soutenir dans leur implication ?

Souvent, les femmes qui se présentent au conseil s’impliquent déjà dans leur municipalité en faisant partie de comités. Leur passion est grande et elles veulent être écoutées. Pour celles qui se questionnent, les inciter à s’impliquer dans de petits comités pour voir si elles ont de l’intérêt pour la vie municipale. Organiser des rencontres-échanges, offrir des formations et proposer du mentorat peut grandement soutenir les femmes.

Votre message en terminant :

Aux femmes qui veulent s’impliquer, n’ayez pas peur de foncer : c’est un bel outil pour faire entendre sa voix et faire valoir son expérience.

 

Merci madame Nadeau d’avoir bien voulu  prendre la parole pour nous partager votre vision des choses.

Lucie Brault, agente de développement

T.C.G.F.B.S.L.

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Entretien avec madame Guylaine Boily, conseillère à Causapscal

  1. Combien de mandats avez-vous fait comme conseillère municipale ?

J’ai fait deux mandats et demi. C’est-à-dire que j’ai complété un premier mandat de quatre ans. J’ai ensuite été élue lors d’une partielle et je commence la dernière année de mon troisième mandat.

  1. Qu’est-ce qui vous avait incitée à vous présenter en politique municipale ?

Mon père a fait plusieurs mandats comme conseiller municipal et j’ai été fascinée par ce qu’il nous racontait. Étant moi aussi à l’écoute des personnes, c’était normal que je m’implique au municipal pour améliorer la qualité de vie des gens au quotidien et contribuer à les garder chez-nous.

  1. Avez-vous été élue par acclamation ou vous avez fait campagne ?

Pour les deux premiers mandats, j’ai fait campagne et du porte à porte. La première fois, j’ai gagné, la deuxième fois, j’ai perdu par 4 voix. Pour les partielles, j’ai aussi fait campagne. J’ai gagné par 37 voix. J’étais contente, j’avais travaillé fort ! Aux dernières élections, j’ai été élue par acclamation. Je pense que les gens me faisaient confiance. Ils savaient  que j’étais capable et étaient satisfaits de ce que j’avais accompli.

  1. Quels objectifs poursuiviez-vous en vous présentant au conseil municipal ?

En gros, je voulais améliorer la qualité de vie des gens. Que les citoyennes et les citoyens se sentent bien et en sécurité, de même que leurs enfants. Offrir suffisamment de services et d’activités pour qu’ils aient envie de rester et ainsi contrer la dévitalisation. Je voulais également que les taxes montent moins. Je voulais être accessible, prendre le temps de m’informer, découvrir pourquoi une personne est contre une décision, quels sont les enjeux face à une décision, analyser la situation et trouver des solutions.

  1. Une fois élue, est-ce que vos attentes se sont réalisées ?

Pas toutes … Nous sommes tous différents dans un  conseil, nous ne poursuivons pas nécessairement les mêmes buts, mais il faut travailler en équipe. Heureusement nous avons un conseil qui se parle alors on peut se partager nos visions. Nos employeurs, ce sont les citoyens, on se doit d’être à leur écoute. Nous sommes aussi les intermédiaires entre la population et les paliers gouvernementaux.

  1. Comment avez-vous vécu votre premier mandat ? Et les mandats suivants ?

Nous avons toujours eu une équipe soudée qui s’entendait bien et de bons maires dynamiques, qui nous laissent de l’initiative. Je n’ai jamais eu de difficulté à émettre mes commentaires. Avec les années, j’ai acquis de l’expérience et j’ai davantage confiance en moi. Je suis aussi plus à l’écoute. Même si je peux être personnellement contre, je me dois de représenter les citoyens et les citoyennes.

 

  1. Pensez-vous vous représenter aux élections municipales de 2017 ?

Oui, je le souhaite de tout cœur. Mon conjoint m’appuie à 110%. Il sait que j’aime ça et on s’entend bien sur le partage des tâches. En ayant un conjoint compréhensif, c’est parfait.

  1. Nommez les points positifs qui qualifieraient vos mandats.

Au conseil, nous formons une équipe soudée et j’ai une bonne relation avec les citoyennes et les citoyens. Je fais partie de plusieurs comités et j’y suis à 100% parce que j’aime ça. Lors d’une allocution que j’avais faite pour inciter plus de femmes à se présenter, dans mon premier mandat, un maire m’avait dit qu’il aimerait bien m’avoir comme conseillère ! C’est vraiment un beau défi à relever comme femme ! Les citoyens et citoyennes me demandent de me présenter à la mairie. Je leur réponds que ce n’est pas que ça ne me tente pas, mais pour se présenter à la Mairie, il faut connaître les dossiers et avoir du temps à y consacrer. Pour le moment, je ne me sens pas prête à faire ce grand saut. À ma retraite, ce sera peut-être différent.

  1. Nommez les points difficiles qui qualifieraient vos mandats.

Y en a-t-il ??? J’ai été la seule de mon équipe à rentrer, dans mon premier mandat, c’est quelque chose. Je trouve ça difficile quand on émet un commentaire et qu’on se heurte à des conseillers qui ne comprennent pas. On doit composer avec toutes sortes de caractères … Je crois qu’il faut être à l’écoute même quand le compte rendu présenté nous intéresse moins. Parce qu’il faut que l’information circule, que cela concerne la voirie, la culture ou la famille.

  1. Quels moyens avez-vous pris pour résoudre les points difficiles ?

Je demande de l’écoute. Lorsqu’on envoie les informations au dg, il faut s’assurer qu’il demandera au responsable du dossier de prendre la parole pour faire le suivi.

  1. Complétez la phrase : «  être une femme en politique municipale … »

… c’est tout un défi à relever, mais qui en vaut la peine. Aujourd’hui, on reconnaît que le vécu, l’expérience de vie valent autant qu’un diplôme. Si l’homme passe rapidement à l’action, la femme analyse plus, pense davantage aux conséquences. On se complète.

  1. Commencez-vous à penser à assurer votre relève ?

Quand on fait des présentations, on espère toujours intéresser au moins une personne à se lancer. Ma fille a commencé jeune à faire du bénévolat, je la verrais bien en politique municipale.

  1. Comment lui présenterez-vous  la chose ?

Je dirais : si tu as une passion, si tu aimes relever des défis, c’est ta place. Ce ne sera pas toujours facile. Tu n’es pas là pour être aimée, mais pour être à l’écoute des gens et leur apporter une réponse. Si tu as des idées, si tu veux développer ta municipalité, tu peux être conseillère.

  1. Quelles sont vos principales stratégies pour présenter et faire accepter vos idées ?

Bien préparer son dossier et connaître son produit. C’est à dire fournir les bonnes informations, être capable de répondre à toutes les questions, apporter du concret. Ne pas aller à peu près mais jouer cartes sur table. Si c’est possible, faire venir une personne ressource. Si tu es convaincue, tu es convaincante et si je ne suis pas à l’aise,  je le dis.

 

  1. Quel bilan faites-vous actuellement de votre expérience comme conseillère ?

C’est un très beau bilan. J’ai acquis beaucoup d’informations au niveau municipal et au régional. J’ai fait la connaissance de gens intéressants. Nous avons de bons bénévoles qui s’impliquent à fond. Je suis fière de mon implication à la MADA (municipalité amie des aînéEs) et au RQF (responsable de la question familiale). Nous avons été la première municipalité du BSL à instaurer le trottibus. À la première session, nous avions 2 enfants, maintenant, nous en avons plus de 20 et ce sont des bénévoles qui s’en occupent. Nous organisons des activités pendant la semaine de relâche et des activités intergénérationnelles pour garder notre monde.

  1. Quel trait de votre personnalité vous a davantage servi durant vos mandats ?

J’ai de la facilité à parler en public. J’ai de l’audace, un franc parler. Je suis fonceuse et franche. Pour certains, c’est vu comme un défaut…

  1. Qu’est-ce que votre rôle vous a permis de développer et qui vous sert maintenant dans votre vie de tous les jours ?

J’ai développé ma confiance en moi. Je suis capable de dire aux femmes qu’elles ont leur place au municipal.

  1. Qu’aimeriez-vous qu’on dise de vous après votre départ ?

Que j’ai toujours été à l’écoute, que je suis dynamique, que j’ai toujours aimé travailler en équipe car l’union fait la force.

  1. Avez-vous d’autres ambitions concernant votre implication politique ?

J’ai gagné à des concours oratoires. J’ai obtenu la mention honorable parce que j’étais convaincante. On m’a dit que je ferais une bonne politicienne. Oui, la politique m’intéresse, être à l’écoute ça m’intéresse. Mais avec tout  ce qui se passe, c’est un pensez-y bien. Il faut être capable de vivre avec les conséquences de ce qu’on dit.

  1. Qu’est-ce qui devrait changer pour que davantage de femmes se présentent en politique municipale ?

Il faut d’abord que la personne le désire et ose. Ça demande du temps, il y a beaucoup de responsabilités. Il faut s’assurer d’un bon partage des tâches. Maintenant, il y a beaucoup de choses qui font peur : la corruption, le pouvoir des médias …

  1. Qu’est-ce que la Table de concertation des groupes de femmes du BSL pourrait faire pour mieux préparer les candidates à ce qui les attend ? Pour mieux outiller les nouvelles élues ? Pour mieux les soutenir dans leur implication ?

Faire des rencontres d’information, offrir de la formation, faire des chroniques dans les journaux, utiliser les médias sociaux … Demander à chaque municipalité et à la MRC de mettre un lien sur son site vers le site de la Table de concertation des groupes de femmes et la page facebook du  Réseau de solidarité municipale du BSL de façon à rejoindre le plus de monde possible.

Votre message en terminant :

Il fait bon vivre à Causapscal et je suis fière d’y habiter. Je veux dire aux femmes de s’exprimer haut et fort. Si on a la passion de la politique : oser se lancer ! C’est le plus beau cadeau qu’on se fait : savoir ce qui se passe dans notre milieu de vie et y contribuer.

Merci madame Boily d’avoir bien voulu  nous faire profiter de votre expérience.

Lucie Brault, agente de développement

T.C.G.F.B.S.L.

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Entretien avec madame Hélène Roussel, Conseillère à Notre-Dame-du-Portage